Lorsque transmission d'entreprise doit rimer avec pérennité
4 septembre 2006
La transmission du patrimoine que représente l'entreprise est un souci permanent du chef d'entreprise, et l'industrie du logiciel n'échappe pas à cette règle. Mais lorsqu'il s'agit d'une entreprise vécue comme "familiale", générant 6,5 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel, dans un monde de multinationales comme celui de l'ERP, la problématique devient un véritable casse-tête chinois.
Aujourd'hui âgé de 61 ans, Maurice Vallet, président-fondateur de Divalto, anciennement connue sous le nom d'Interlogiciel, a pourtant résolu son souci de manière originale. Créée en 1982, l'entreprise développe des logiciels de gestion standard destinés aux PME/PMI. D'abord présente sur une plate-forme propriétaire, son logiciel devient compatible avec le monde Unix en 1990 et avec Windows en 1993. C'est en 2001 que le nom de Divalto est donné à l'ERP et en 2006, l'entreprise adopte le nom de son produit. Divalto bénéficie d'une notoriété bien supérieure à celle que sa taille (50 personnes et 6,5 M€ de chiffre d'affaires en 2005, en augmentation de 20%) ne le laisserait supposer. Cette notoriété est en grande partie imputable à la démultiplication des forces qu'elle met en place depuis des années en s'adjoignant les services de nombreux distributeurs : 150 entreprises distribuent en effet Divalto à travers toute la France, ce qui implique de l'ordre de 1000 personnes au total pour un chiffre d'affaires cumulé estimé à 95 M€.
Bien que 8000 PME/PMI (dont près de 400 nouveaux clients sur la dernière année) soient d'ores et déjà clientes de Divalto, l'image de l'entreprise demeure celle d'une entreprise familiale, en grande partie liée à celle que donne son patron-fondateur, aujourd'hui atteint par la "limite d'âge". Difficile, dans ces conditions, de poursuivre dans la voie que s'est toujours tracée l'éditeur : privilégier le long terme en se concentrant sur la satisfaction de ses clients au travers d’une politique de qualité globale.
"Nos objectifs à 5 ans sont de doubler notre chiffre d’affaires à périmètre constant, et nous avons aujourd’hui les moyens d'y arriver" Thierry Meynle
La solution
La solution retenue par Maurice Vallet pour préparer la relève est celle d'un MBO (Management Buy-Out), c'est-à-dire ce qu'on appelle parfois en France RES (Rachat de l'Entreprise par les Salariés). C'est en effet l'équipe dirigeante de Divalto qui va entrer pour 33% dans le capital de l'entreprise. La holding d'investissement Before entre elle aussi au capital, pour 35%, les 32% restants demeurant la propriété de Maurice Vallet. Mais il est prévu que la part de Before passe progressivement, sur 5 ans, à 55%, au détriment de la part des autres actionnaires. Voici pour le montage financier. Côté organisation, Maurice Vallet va passer progressivement la main à son actuel Directeur Commercial, Thierry Meynle, qui accédera au poste nouvellement créé de Directeur Général en prévision de la croissance attendue. "Nous sommes très confiants dans l’avenir : notre produit Divalto évolue très favorablement, la progression du chiffre d’affaires est nettement supérieure à celle du marché, nos ventes de licences ont doublé en 3 ans et notre rentabilité garantit les investissements futurs" commente Maurice Vallet. "Notre politique 100% indirecte et le grand professionnalisme de notre réseau de distribution sont également appréciés par le marché."
"Nous croyons en l'équipe de direction en place et nous serons à leurs côtés dans leur développement futur" ajoute Louis de Montalembert, Président du Conseil de Surveillance de Divalto et Directeur associé de Before. "Nous n'avons pas l'intention de faire une simple opération financière et de revendre Divalto dans quelques temps en nous contentant de réaliser une plus-value. Ce n'est pas notre optique. D'ailleurs il n'y a pas de modalités de sortie prévues pour l'instant".
De gauche à droite, Louis de Montalembert, Maurice Vallet et Thierry Meynle
Des objectifs ambitieux
Les objectifs à 5 ans de Divalto sont ambitieux : doubler de chiffre d’affaires à périmètre constant. "Nous avons aujourd’hui les moyens de les atteindre" commente Thierry Meynle. Il est vrai que si la tendance des derniers exercices se poursuit, Divalto pourrait même espérer faire bien mieux. "Nous voulons devenir l’acteur incontournable dans le secteur des ERP pour PME et réussir notre internationalisation." poursuit Thierry Meynle. "Divalto est aujourd’hui déjà un acteur majeur sur son marché, puisque nous équipons 26% des entreprises utilisatrices d'ERP (pour une définition de ce qu'entend Thierry Meynle par "entreprises utilisatrices", cf. notre encadré "Un marché sous-équipé"). Chaque jour, 2 nouvelles entreprises choisissent de s’équiper de Divalto. Parmi celles-ci un nombre croissant de PME de taille significative ou de filiales de grands groupes remplacent leurs progiciels en place par Divalto."
BH
Un marché sous-équipé ?
Divalto s'est livrée en interne à une enquête d'envergure, qui bouscule beaucoup d'idées reçues sur l'utilisation des ERP en PME/PMI, même s'il convient de rester prudent quant aux conclusions. Cette enquête a été effectuée entre avril et juin 2005 auprès de 15000 PME (entreprises de 40 à 2000 personnes) prospects de l'entreprise dans les secteurs du négoce, de l’industrie ou des services. L'analyse finale a porté sur les 3158 réponses obtenues à la question "Quel est le fabricant de votre logiciel de gestion ?". Il en ressort qu'un petit 10% seulement des entreprises interrogées est équipé d'ERP (au sens où l'entend Divalto). Les autres sont équipées de logiciels appelés par Divalto "Best of Breed", dont l'archétype est Sage, pour 29%, de logiciels métier pour 3%, de logiciels dits "entrée de gamme" (type Ciel) pour 11% et de solutions spécifiques pour 20%. Seule ombre au tableau, un gros 27% entre dans la catégorie baptisée "Autres" par Divalto, ce qui biaise un peu le résultat de cette étude par ailleurs fort intéressante. Parmi les 10% d'entreprises équipées d'ERP, Divalto en équiperait 26%, selon la même étude, contre 32% pour Cegid, 22% pour Adonix, 14% pour Navision, 2% pour SAP et 4% pour la catégorie "autres".