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Technologie
12/09/2006
Les technologies SOA remettent-elles en cause le modèle des ERP ?
12 septembre 2006



Certains analystes prédisent que les architectures orientée services ou SOA vont totalement bouleverser le marché de l’ERP. Mais des prévisions analogues, faites de par le passé, ne se sont pas réalisées. Ceci n’empêche pas les grands éditeurs de tenir compte des innovations technologiques et méthodologiques avec lesquelles ils ont beaucoup à gagner.


Le débat est ancien entre progiciels de gestion intégrés fournissant une solution complète et assemblages personnalisés de modules d’origines variées. En réalité, aucun PGI (ou ERP) n’a jamais pu fournir la totalité des services. Les ténors du secteur œuvrent d’arrache-pied pour fournir les solutions les plus complètes et les plus variées. Mais ils ne peuvent pas se passer de partenaires dans les domaines spécialisés. Mieux, ils les favorisent dans certaines conditions, en particulier en développant une plate-forme propriétaire sur laquelle ils les engagent à s’intégrer. L’exemple emblématique en est NetWeaver de SAP.

Ces éditeurs partenaires tiennent à rentabiliser leurs investissements. Certes, être partenaire reconnu d’un leader procure des avantages. Mais ils ne veulent pas se couper d’autres acteurs importants. Il devient donc tentant de trouver une solution d’intégration générique, valable pour toutes les solutions sans exclusive. Le modèle qui répond actuellement à ce genre de préoccupation est l’architecture SOA (Service Oriented Architecture) et la technologie qui la supporte le mieux est celle des services Web.

Les grands éditeurs voient bien venir la menace : par exemple, SAP a renommé SOA son architecture ESA (Enterprise Services Architecture). Cette reconnaissance va bien au-delà du nom : elle reconnaît l’importance grandissante de ce type d’architecture que tous les éditeurs devront bientôt prendre en compte. Le chantier est gigantesque : idéalement, il s’agit de réécrire l’intégralité des modules d’un ERP sous forme de services Web.

Bruce Richardson, d’AMR Research, va plus loin : il prédit que « l'adoption rapide de SOA va entraîner la disparition du marché de l’ERP tel que nous le connaissons ». Pour étayer ses affirmations, il s’appuie sur les nouvelles réalités du marché comme par exemple celles qui consistent pour un utilisateur à développer ou faire développer des services Web spécialisés au lieu d’adopter une mise à jour de l’éditeur d’ERP, trop lourde, trop chère et inadaptée.

La transformation d’une architecture traditionnelle en architecture SOA peut être progressive, ce qui permet de valider la méthode et d’obtenir assez vite du confort et de la souplesse. Mais pour obtenir des bénéfices chiffrables, il faudra en général attendre que toute la migration soit terminée, un processus qui peut prendre beaucoup de temps et mobiliser beaucoup d’énergie pour un budget important.

Cependant, ces prévisions tranchées ne sont pas partagées par tout le monde. Il ne faut pas considérer SOA comme une panacée. Des grands groupes internationaux ont complètement organisé leur informatique autour des grands progiciels. Ils ne vont pas se précipiter sur la dernière tendance technologique pour engager une nouvelle évolution de leur environnement. Quant aux éditeurs, ils mettent en avant l’intégration de leurs solutions : c’est ce qui permet aux entreprises d’avoir une vue globale de toutes leurs opérations, disent-ils.

À quoi s’attendre dans les prochaines années ? SOA ne tuera probablement pas les ERP. Elle va contribuer à les faire évoluer dans une direction qu’ils ont d’ailleurs souvent déjà prise. Les grands logiciels d’entreprises, et d’autres progiciels d’ailleurs, vont devenir « conformes à SOA ». Cette architecture apportera de la souplesse à des blocs intégrés trop rigides. L’affrontement entre les anciens et les modernes est une vision sensationnelle d’une réalité plus pragmatique : les acteurs du marché vont faire naturellement évoluer leurs offres en s’appuyant sur les technologies et les méthodologies les plus efficaces.

René Beretz

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