« La raison du plus fort est toujours la meilleure ». La maxime s'applique bien au monde des entreprises. Mais la force pure n'est pas toujours la meilleure solution. À côté de la frénésie de rachats, l'industrie du logiciel et des nouvelles technologies cultive beaucoup les partenariats. Entre gros et petits mais aussi entre acteurs de taille similaire. Ces accords prévus pour durer ne résistent pas toujours à l'usure du temps. Ni à la tentation de la prise de contrôle.
Un éditeur important, fortement impliqué dans des technologies structurantes, n'a pas souvent de compétences dans des domaines applicatifs spécialisés. Par contre, les SSII, distributeurs et intégrateurs sont sur le terrain, en contact direct avec les clients. Au fil du temps, ils acquièrent une connaissance fine du marché. Les grands éditeurs qu'ils représentent veulent faire fructifier cette compétence pour renforcer leur présence. Les éditeurs de taille moyenne utilisent également ce genre de formule. La création d'un réseau de distributeurs-intégrateurs contribue à renforcer la présence en région. Ce que les petites entreprises clientes affectionnent particulièrement.
Les annonces de partenariats mettent toujours en avant l'aspect « gagnant-gagnant » des accords. Il serait intéressant d'étudier de près ce qu'ils deviennent au bout de quelques années. Ceux qui aboutissent à la création de produits ont plus de chance de survivre, surtout si le produit connaît le succès. Mais plane alors le risque de l'absorption du petit par le gros. Fin de l'histoire ? Pas toujours car on a vu des produits ainsi rachetés être revendus à d'autres sociétés quelques années plus tard, par faute d'implication de l'acheteur. Quant aux partenariats entre égaux, ils peuvent aussi aboutir à des fusions, surtout si les offres sont complémentaires. Et puis des partenariats peuvent tomber en désuétude par manque d'implication d'un côté ou de l'autre ou par manque d'opportunités sur le marché. Mais de ceux-là on ne parle plus guère...
Et puis il y a les solitaires, les indépendants, les réfractaires, ceux qui veulent tout faire eux-mêmes, ceux qui ne font confiance qu'à eux-mêmes : ils ont un marché de niche qu'ils abordent avec des produits spécialisés qu'ils développent eux-mêmes. Si certains végètent, d'autres s'en sortent parfois très bien. Mais dans le monde actuel, ils font plutôt figure d'exception.
L'avenir appartient plutôt à ceux qui croient à l'adage « L'union fait la force ». La percée incessante de nouvelles technologies et le développement de nouveaux secteurs fait apparaître de nouveaux acteurs qui se rapprochent inévitablement de partenaires proposant des offres complémentaires. Impossible de rester isolé dans un monde où la communication instantanée est devenue le mode par défaut.