Longtemps symbolisée par des mainframes, des minis puis des micros, l'informatique se contente aujourd'hui d'une simple écran qui peut même être celui d'un téléphone portable. L'intelligence de la machine véhiculée par les programmes provient de plus en plus d'un lointain mystérieux : les applications collaboratives s'implantent à distance et même les ERP commencent à fonctionner en mode SaaS.
Le "cloud computing", notion apparue au début des années 2000 (mais dont les concepts de base sont bien plus anciens), se réfère à une informatique faisant appel au nuage qui symbolise généralement l'Internet. Le Gartner définit le cloud computing comme "une forme d'informatique dans laquelle des ressources importantes et fortement évolutives liées à l'informatique sont proposées à de nombreux clients externes 'en tant que service' s'appuyant sur les technologies de l'Internet."
Conceptuellement, il faut imaginer une multitude de machines physiques reliées entre elles par un réseau commun, exécutant on ne sait pas très bien où des applications n'appartenant plus à leurs utilisateurs, distribuant les données au gré de la place disponible sur le nuage et accessibles via une interface banalisée que tout le monde connaît et utilise : le navigateur Web. Ceci correspond à un certain nombre de modèles connus, dont les grilles de calcul ou le SaaS, par exemple. Mais le cloud computing n'est synonyme ni de l'un ni de l'autre, même si les synergies et les complémentarités sont évidentes.
De bons exemples d'applications du cloud computing sont Facebook ou GoogleApps. La plupart du temps, la technologie est totalement transparente et masquée pour l'utilisateur, ce qui n'est pas le cas du modèle SaaS. Les infrastructures sous-jacentes sont pourtant la plupart du temps colossales. GoogleApps se compose pour l'heure d'outils tels que Gmail, Google Talk, Google Agenda, Google Docs, Google Sites... autrement dit il se cantonne pour l'instant au domaine de la bureautique et du collaboratif. Google ERP n'est pas très loin et Microsoft est en train de peaufiner une offre dans ce domaine.
Tous les analystes et observateurs s'accordent à le dire : le cloud computing constituera demain la manière de faire de l'informatique. "Is Cloud Computing Ready For The Enterprise? - Not Yet, But This Disruptive Innovation Is Maturing Fast" ("Le cloud computing est-il paré pour l'entreprise ? - Pas encore, mais cette innovation perturbatrice mûrit rapidement") questionne et répond en même temps James Staten, analyste chez Forrester, dans le titre et le sous-titre de son récent rapport. Le Gartner va plus loin et affirme que le cloud computing prendra autant d'importance que le e-business : à l'instar de la manière dont nous consommons de l'électricité aujourd'hui, c'est-à-dire à la demande, nous consommerons de l'informatique demain, sans vraiment savoir d'où elle vient ni comment elle a été produite ni par qui. Mais n'oublions pas que, toujours à l'instar de l'électricité, des infrastructures importantes pour ne pas dire monumentales sont indispensables et que l'application n'est que la partie émergée de l'iceberg.
Fin juillet 2008, Intel, HP et Yahoo! ont conclu un partenariat visant à la promotion de la recherche dans le domaine du cloud computing. La première étape concrète consistera à créer un environnement distribué pour la recherche et les tests de logiciels, d'administration de centres de calcul et de matériels associés au cloud computing à une échelle gigantesque et inédite.
Il semblerait bien que l'avenir se construise dans cette direction.