Le débat est ouvert sur le nom qu'on doit donner aux applications en ligne à la demande : s'agit-il du modèle ASP (Application Service Provider : fournisseur de service applicatif) ou du modèle SaaS (Software as a Service : logiciel comme un service) ? On a tendance à appeler ASP le modèle dans lequel la relation entre un fournisseur et un client est univoque et SaaS le modèle plus récent, où les relations sont multiples et les applications plus facilement mutualisées. Au moins tout le monde est-il d'accord sur leurs caractéristiques essentielles communes :
- L'hébergement des applications chez un prestataire ;
- L'attribution à l'entreprise d'un droit d'usage : ce mode locatif remplace le modèle des licences logicielles ;
- La facturation en fonction des modules effectivement utilisés ou du volume consommé ;
- La mutualisation des applications ;
- L'accès par un navigateur Web à des fonctions en ligne.
Le paysage français de l'ASP
Étudié par le cabinet Markess, le marché français des applications en ligne à la demande croît régulièrement : de 960 M€ en 2006, il est passé à 1230 M€ en 2007 et devrait atteindre 1480 M€ en 2008. La demande vient surtout des PME et TPE. En une année, la valeur des contrats ainsi que leur durée ont augmenté : le nombre de contrats d'un ou deux ans est nette progression alors que celui des contrats de moins d'un an diminue.
Companeo a présenté la seconde édition de son Baromètre de la demande ASP des PME. Cette étude permet de comparer trois périodes : 2005, 2006 et 2007 (février à janvier). Dans le domaine de la comptabilité, un peu plus de 50 % de la demande se porte sur les offres en mode ASP au cours des 3 périodes. La demande de solutions ASP augmente fortement par rapport à celle de solutions traditionnelles entre la première et la troisième période, dans 3 domaines : la téléphonie, où elle passe de 18 % à 32 %, la formation en ligne, où elle passe de 16 % à 29 % et le marketing, où elle passe de 14 % à 28 %. Mais alors que pour la paie la demande en ASP passe de 10 % à 14 %, celle de solutions ASP dans le domaine des ressources humaines baisse : elle passe de 19 % sur la première période à 14 % sur la troisième période. En prenant en compte l'ensemble de ces domaines applicatifs, le taux de pénétration global de l'ASP passe de 22 % sur la première période à 28 % sur les deuxième et troisième périodes.
Les tendances fortes du modèle ASP/SaaS
Au niveau mondial, le développement des applications à la demande constitue une tendance lourde. Comme toujours, le marché américain est à la pointe, l'Europe répercutant ses évolutions avec un retard moyen de 18 mois. Selon le cabinet Saugatuck, le marché américain a basculé : il n'est plus limité aux PME mais concerne aussi les grandes entreprises. Le modèle SaaS est désormais adopté pour des applications stratégiques. D'après Sangatuck, l'adoption du SaaS en Europe va exploser suite à ce qui s'est passé aux États-Unis entre 2006 et 2007.
Des architectures hybrides apparaissent : le SaaS se connecte, s'intègre avec des données, des applications et des processus locaux. Les architectures SOA, les logiciels Open Source, le Web 2.0, poussent à la création d'applications hautement configurables. Des places de marchés transactionnelles, collaboratives et métiers s'appuient sur des plates-formes SaaS. Et pour mesurer les services, des applications analytiques, des tableaux de bord et des outils de mesure de performances se répandent. Un nouveau modèle de mise à disposition de services métiers apparaît, plus économique et plus efficace que la simple infogérance (one-to-one).
Les types d'applications les plus présentes en mode SaaS
Ce ne sont pas les mêmes aux États-Unis et en Europe. Aux États-Unis, ce sont, dans l'ordre, la messagerie et les conférences Web, le CRM/SFA, les RH, la paie, la BI/CPM. En Europe, les applications les plus demandées en mode SaaS sont, toujours dans l'ordre, la messagerie et les conférences Web, les services de voyage, le CRM/SFA, la BI/CPM et les ERP. Les Européens font donc plus confiance au SaaS pour des applications stratégiques comme l'ERP.
Les critères d'adoption
Les critères fondamentaux d'adoption du mode ASP sont les mêmes sur tous les marchés : simplification de la gestion du logiciel, réduction des coûts, rapidité de mise en œuvre, accroissement des niveaux de service. Mais l'Europe est plus particulièrement sensible au "time-to-market", à la réduction des risques, à la transformation des coûts informatiques fixes en coûts variables, à l'augmentation du chiffre d'affaires.
Les aspects les plus importants pour les entreprises sont l'intégration des workflows métiers avec la gestion des processus métiers de l'entreprise, leur personnalisation , la collaboration entre "business units" ou entre entreprises.
Les trois vagues des applications à la demande



l'information professionnelle des progiciels de gestion intégrés







