OpenBravo est le développeur de l'ERP éponyme, qui se destine aux PME et PMI, typiquement de 5 à 200 personnes. Sa particularité est qu'il s'agit d'une solution distribuée en Open Source MPL (Mozilla Public License). Open Source ? C'est-à-dire libre ? Donc en licences gratuites. "Autant se tirer tout de suite une balle dans le pied, si l'on est éditeur", pourrait-on penser. Car en effet, d'où l'éditeur va-t-il tirer ses revenus si ce n'est des licences, surtout si d'autres acteurs, SSLL en particulier, se mettent à intégrer et à proposer des services autour de sa solution logicielle ?
Pourtant, OpenBravo, société née en 1999 et qui comptait encore 9 personnes à peine en 2005, en compte aujourd'hui 66 et a conclu des accords avec 65 partenaires dans 30 pays différents, dont la France (Palmtree IT et Corratech sont de ceux-là). Le réseau continue d'ailleurs à se développer, y compris en France.
Qu'est ce qui a permis ce développement, toujours en cours ?
La philosophie de l'Open Source est à la base de la démarche d'OpenBravo, avec en particulier la mise à disposition des sources en téléchargement libre sur le Web. "Nous enregistrons de l'ordre de 1 000 téléchargements par jour", explique Andreu Bartoli, directeur des opérations chez OpenBravo, "et nous en avons enregistré de l'ordre de 400 000 depuis que nous existons. Nous considérons que toute entreprise, indépendamment de sa taille, doit avoir la possibilité d'installer et de maîtriser son propre ERP et que tout point de distribution devrait être en mesure de suivre ses ventes ".
Aujourd'hui, OpenBravo compte plus de 150 installations en production un peu partout dans le monde (Espagne bien sûr, mais aussi Pays-Bas, Australie, Vénézuela, Serbie, Portugal...) et on estime chez l'éditeur qu'il en existe 400 environ au total, la différence correspondant aux exploitations librement téléchargées mais ne bénéficiant d'aucun concours ni support de la part de l'éditeur.
Deux éditions, trois sources de revenus
Car conformément à la philosophie de l'Open Source il est bien entendu parfaitement possible de télécharger librement les sources d'OpenBravo, de les installer chez soi et des les exploiter. Dans ce cas, il s'agira de la version Community Edition, qui comporte les derniers développements en date et se destine soit à la communauté des développeurs évoluant dans des environnements non-critiques, soit à un environnement de production mis en place à ses risques et périls. Mais si l'on est une entreprise souhaitant confier sa gestion à OpenBravo, il vaut mieux utiliser la Network Edition, réputée stable et dont l'objectif est d'assurer qualité et fiabilité dans un environnement d'exploitation. Cette version n'est pas gratuite et fait l'objet d'une facturation annuelle de 5 000 euros pour 5 utilisateurs, plus 500 euros supplémentaires par utilisateur. Cette redevance est toutefois plafonnée à 10 000 euros annuels pour un nombre d'utilisateurs illimité. Pour ce prix, la version Network Edition bénéficie de tests réalisés par une équipe dédiée chez l'éditeur, du support illimité et les licences des logiciels propriétaires sur lesquels s'appuie OpenBravo (Oracle par exemple) sont comprises ainsi que le support des éditeurs correspondants. Il s'agit là d'une première source de revenus, attachée à une offre complémentaire au logiciel Open Source.
Les deux autres sources de revenus d'OpenBravo sont plus classiques : elles concernent d'abord le service payant effectué en direct auprès de ses clients autour de ses produits. Les services aux partenaires, enfin, représentent une source de revenus non négligeable pour la société. L'approche est très professionnelle et calquée sur le modèle commercial, avec des niveaux bronze, argent et or et surtout des redevances pour le "branding", la méthodologie, la communication, le transfert de compétences etc., le tout en plus d'une redevance annuelle relativement modeste et destinée à tenir les candidats peu sérieux à l'écart.
L'approche d'OpenBravo, si elle n'est pas unique, demeure néanmoins originale et tournée vers l'efficacité. C'est certainement au travers de ce type de démarches que les ERP Open Source vont devenir une alternative viable et fiable aux ERP propriétaires et commerciaux. "Nous devons toujours encore faire face à un certain scepticisme, un certain certaine défiance, un certain manque de compréhension de la part de nos prospects", ajoute Andreu Bartoli pour conclure : "mais lorsque nous nous retrouvons en short-list, c'est en concurrence directe avec les 'Big Four'". Plutôt encourageant pour la solution Open Source, n'est-ce-pas ?
Benoît Herr



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