On a ainsi pu s'informer sur les solutions Oracle E-Business Suite, PeopleSoft Enterprise, JDEdwards EnterpriseOne, Siebel CRM et Oracle Accelerate à l'occasion du salon ERP en novembre 2007. Plus récemment l'éditeur mettait en avant Transportation Management System (issu du rachat de G-Log) au salon SITL en mars 2008 et UCM (Universal Content Management), issu du rachat de Stellent, au salon Documation en mars 2008.
Le premier éditeur mondial de logiciels d'entreprise met systématiquement en avant ses différents métiers. Les offres correspondantes proviennent le plus souvent de rachat d'entreprises : Oracle a encore fait 36 acquisitions en 2007. Mais les produits ainsi annexés sont retravaillés, complétés et intégrés dans des solutions plus vastes. Le projet global est ambitieux. Si UCM se positionne comme un outil permettant de créer un référentiel d'entreprise, il s'intègre dans une architecture commune : Oracle Application Integration Architecture, constituée de plusieurs couches. Mettant en avant les bonnes pratiques, elle propose des objects métiers pré-ciblés dans une infrastructure SOA, s'appuyant sur son middleware renforcé par le récent achat de BEA.
L'autonomie apparente de chaque division s'inscrit dans un contexte plus large. En fait, attaquer le marché par le biais des métiers est une pratique de plus en plus répandue. Et pour réussir à s'imposer, il faut disposer d'un produit de qualité répondant aux besoins des entreprises. L'exemple de la supply chain est caractéristique : Oracle essayait depuis un moment de se positionner sur ce marché de la chaîne logistique avec un produit de gestion du transport développé en interne. Mais pour accélérer le mouvement, l'éditeur a préféré racheter l'éditeur G-Log, qui disposait d'un produit très bien noté par les analystes. Renommé Oracle Transportation Management System, il sert maintenant de base à tous les développements dans ce domaine pour aboutir à une offre plus large dans la supply chain : planification et optimisation, appels d'offres du transport, suivi et visibilité, facturation et réconciliation.
Cette volonté de croissance externe n'empêche pas l'éditeur de s'associer à des partenaires s'appuyant sur ses offres. Les solutions de type Accelerate permettent aux partenaires de s'appuyer sur les produits d'Oracle pour bâtir des solutions verticales. Quant aux éditeurs de solutions complémentaires, il s'intègrent de la manière la plus étroite possible avec ses logiciels et proposent des solutions dédiées : ainsi à Documation, le stand d'Oracle accueillait-il ReadSoft, spécialiste de la dématérialisation, avec son produit Invoices IT, totalement intégré à Oracle E-Business Suite et s'appuyant sur un workflow d'approbation des factures fournisseurs certifié par Oracle.
Mais ces partenaires resteront-il longtemps indépendants ? Et jusqu'où Oracle compte-il se développer ? Nous ne sommes probablement pas au bout de nos surprises.
René Beretz



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