Panorama Consulting Group est une société américaine de consulting spécialisée dans l'ERP. Elle affiche une expérience sur plus d'une centaine de solutions ERP aux États-Unis, depuis les ERP majeurs tels qu'Oracle ou SAP, jusqu'à des solutions de niche et verticales de supply chain, de distribution ou de production. Ses clients vont de la PME au grand compte. Elle n'a conclu aucun accord avec les éditeurs ou les intégrateurs et peut par conséquent être considérée comme relativement indépendante et objective.
Panorama établit annuellement un rapport sur le marché de l'ERP et l'édition 2009 vient d'être publiée. L'étude a concerné 1300 organisations de toutes tailles et de tous secteurs réparties dans le monde entier et a duré 3 ans. Les données collectées ou été quantitatives mais aussi qualitatives et les solutions logicielles implémentées au sein des 1300 entreprises interrogées sont très variées : elles vont des deux précitées à des solutions de niche et même best-of-breed.
Quelques enseignements
L'étude Panorama montre que 93% des projets ERP demandent plus de temps que prévu, que 65% sont en dépassement de budget et que 79% des personnes interrogées estiment que la solution mise en place répond à moins de 50% des objectifs initialement fixés. Eric Kimberling, Président fondateur du Panorama Consulting Group, commente ces chiffres ainsi : "le message à retenir est que même si les solutions ERP sont capables de donner des résultats spectaculaires et des améliorations significatives des opérations, c'est une autre histoire pour y arriver et de nombreuses entreprises éprouvent des difficultés à implémenter leur ERP en temps et en heure et à le rendre efficace".
Ainsi, 7% seulement des projets ERP se terminent dans les délais et 68% des répondants estiment que leur projet a duré "beaucoup plus longtemps que prévu", ce qui renforce encore le fait objectif que 93% des projets sont hors délais. Il faut dire que l'étude montre également que 71% des implémentations ERP nécessitent entre 6 et 18 mois.
Lorsqu'on entre un peu dans les détails de l'étude, celle-ci nous révèle que la durée moyenne d'une implémentation d'ERP s'établit à 19,8 mois et qu'on trouve la médiane à 17 mois. C'est SAP qui enregistre les délais les plus longs, avec 20 mois, puis Oracle avec 18,6 mois et Microsoft avec 18. Les ERP de deuxième rang affichent une durée moyenne d'implémentation à 17,8 mois.
Côté budget, 16 des 65% d'implémentations qui sont en dépassement le sont de plus de 50% du budget initial et 6% des personnes ont répondu qu'elles ne savaient pas, "ce qui n'est pas bon signe" estime Eric Kimberling "et indique clairement qu'il s'agit d'un dépassement important. Autrement dit, une entreprise sur 5 est en dépassement de budget très significatif".
Les coûts moyens d'une implémentation s'établissent à 8,5 millions de dollars. C'est encore SAP qui occupe la première place ici, avec 16,8 millions. Suivent Oracle avec 12,6 millions et les ERP de second rang avec 3,5 millions. Une implémentation Microsoft coute quant à elle 2,6 millions de dollars à l'entreprise utilisatrice. Ces chiffres englobent tous les coûts, depuis la licence logicielle jusqu'aux serveurs en passant par la maintenance, les coûts internes, les consultants extérieurs ou encore le pilotage du projet. Lorsqu'on met ces chiffres en perspective avec le chiffre d'affaires des entreprises concernées, on trouve que l'entreprise moyenne va dépenser 9% de son chiffre d'affaires dans son implémentation ERP. Là encore, il y a de grosses différences selon les solutions adoptées : SAP explose les plafonds avec 18,6%. Suivent Oracle avec 10,6% et les ERP de second rang avec 6,7%. Microsoft reste en retrait, avec 5%, ce qui s'explique sans doute par la taille de ses projets.
Côté degré de satisfaction, 57% des répondants se disent satisfaits d'une manière ou d'une autre de l'investissement qu'ils ont réalisé dans leur ERP. Lorsqu'on entre dans le détail de cette appréciation, on trouve 65,3% des répondants, soit environ les deux tiers, qui déclarent avoir enregistré un certain degré d'amélioration de leurs opérations et également deux tiers (67%) qui déclarent en être plus ou moins satisfaits. "Ces chiffres ne sont pas médiocres, mais ils ne sont pas plus enthousiasmants que ça non plus", commente Eric Kimberling
Enfin, l'étude a également montré que les entreprises devaient affronter des difficultés de recrutement, un déficit en compétences ERP, un déficit en ressources allouées au projet et des budgets trop étriqués.
En conclusion
"On ne peut pas dire que les résultats de notre étude soient mirobolants", note Eric Kimberling. "On sent qu'il y a un certain degré d'insatisfaction, de 'peut mieux faire' parmi les utilisateurs." Aux chiffres précédents il faut ajouter que plus de 50% des répondants affirment avoir connu des interruptions de leur exploitation à la suite de la mise en production de la solution. Et Eric Kimberling de donner quelques conseils, comme celui de bien choisir sa solution, de réaliser une implémentation efficace, sans chercher à prendre de raccourcis. Il ajoute qu'il ne faut pas se priver du recours à l'expertise de consultants extérieurs. Comment pourrait-il, en tant que patron d'une société de consulting, tenir un discours différent ? Les utilisateurs viennent cependant le conforter dans cette position, comme par exemple Jean-Jacques Camps, DSI de l'activité ingénierie d'un grand groupe industriel et président de l'AUFO (Association des Utilisateurs Francophones d'Oracle), qui explique que "Au début d'un projet ERP, on a du mal à comprendre où sont les leviers et les ressorts. Donc, les consultants ont une fonction de méthodologie d'implémentation et de savoir-faire directement utilisable, qui permet de monter ses dispositifs internes."
L'étude Panorama est riche d'enseignements et nous donne en tout cas le sentiment qu'il existe encore une forte marge de progression sur bien des aspects des projets ERP.



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