Voici les éléments principaux d'une conversation que Denis Gaughan, consultant chez AMR Research a eue avec son collègue Jim Shepherd, fin connaisseur du monde ERP.
La baisse de 8% du chiffre d'affaires de SAP en 2009 par rapport à 2008 (voir Optimisme de rigueur malgré des résultats 2009 décevants chez SAP)correspond à une attitude de repli de la part des clients. En effet, en période de crise, les entreprises cessent d'investir et cherchent plutôt à tirer parti des logiciels dont ils disposent déjà en optimisant leur utilisation et leur déploiement. Elles ont moins tendance à acheter des licences supplémentaires ou des nouveaux modules. Ainsi, bien que SAP ait coupé dans ses dépenses et conservé le niveau de ses revenus de maintenance, l'éditeur a moins réussi dans la vente de logiciels, en baisse de 28%.
En outre, en 2009, l'essentiel de l'activité s'est déroulée aux marges de l'ERP, c'est-à-dire plutôt dans les domaines des ventes, des services, des ressources humaines ou de la logistique, alors que l'éditeur a l'habitude de vendre des suites intégrées aux centres de décision des entreprises : direction générale, direction informatique. Les autres services sont moins enclins à acheter des solutions SAP, bien que l'éditeur possède des offres ciblées tout à fait pertinentes.
L'évolution vers les offres locatives à la demande préoccupe depuis longtemps SAP, qui propose plusieurs offres en mode SaaS : ce sont des logiciels plus petits, incrémentaux, très différents des suites intégrées. Mais l'attitude de l'éditeur vis-à-vis de ce marché est encore hésitante. Et il souffre de sa réputation de vendeur de grosses suites logicielles installées sur les serveurs des entreprises.
Le marché va-t-il revenir en 2010 vers les suites intégrées ? Si c'est le cas, SAP va rebondir. Si le marché évolue vers des approches plus souples, SAP devra changer. Mais faire évoluer la stratégie d'un gros vaisseau comme SAP demande du temps : des mois voire des années.
Va-t-on assister à la fin de la domination de SAP ? Il est facile de critiquer le leader en ce moment. Mais n'oublions pas que SAP pèse plus de 15 milliards de dollars, propose d'excellents produits et qu'il est deux fois plus gros que son plus proche concurrent. Les entreprises qui déploient des suites intégrées obtiennent des processus efficaces, une bonne perception de la gestion et un contrôle financier performant. Celles qui se fient à un assemblage d'applications sectorielles obtiennent de moins bons résultats. Tant que le marché adhère à cette vision, SAP devrait bien se porter.
Traduit et adapté par René Beretz



l'information professionnelle des progiciels de gestion intégrés








